• Wild

    Edition: 10/18

    498 pages

    Année de parution: 2013

     

    "J'ai marché, marché, l'esprit en mode primal, vide de toute pensée à l'exception d'une seule: aller de l'avant. J'ai continué jusqu'à ce que mon corps se rebelle et que je ne puisse plus mettre un pied devant l'autre. Alors, j'ai couru."

     

    Lorsque, sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune femme n'a aucune réponse, mais un point de fuite: tout quitter pour une randonnée sur le "Chemin des crêtes du Pacifique". Lancée au coeur d'une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d'épuisement et d'effort, et réussir à atteindre le bout d'elle-même. Une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

    Wild

    Wild est un véritable coup de cœur. Un récit que j'ai dévoré en moins d'une semaine et je dois dire que ça m'a fait grandement du bien, car ces derniers temps rien ne me faisait particulièrement envie et je me lassais très vite de mes lectures, les abandonnant au bout de seulement quelques pages. 

    Il arrive souvent que l'on demande aux lecteurs quels livres ont changés leur vie. 

    J'ai toujours trouvé que cette question était un peu absurde. Comment un livre pourrait changer une vie? Mais en lisant Wild, j'avoue que j'ai changé d'avis sur la question. Certes ce récit ne change pas ma vie, mais il me permet de la regarder sous un autre angle, de développer mon ressenti sur le bonheur, du pouvoir que nous avons sur notre destinée. Wild

    Cheryl Strayed était ce que l'on peut appeler une femme totalement "pommée". Sentant que sa vie lui échappait pour de bon, elle décida sur un coup de tête de faire un périple de 1700 kilomètres, traversant l'état de Californie et de l'Oregon pour se retrouver à l'arrivée devant "le pont des dieux".

    Inexpérimentée, elle enchaîne les maladresses (sac trop lourd, chaussures trop petites...) qui la mènent parfois à deux doigts de la catastrophe. Elle rencontre de belles personnes, toujours prêtes à lui donner un coup de main en cas de besoin, d'autres moins sympas, mais également des mammifères à quatre pattes. 

    WildJ'ai souris de ses nombreuses bêtises, j'ai pris une bouffée d'air frais grâce à ces descriptions de paysages magnifiques. Je me suis demandée comment une jeune femme à peine plus âgée que moi puisait autant de force en elle. Et j'ai été profondément émue. 

    Émue par l'amour inconditionnel qu'elle voue à sa mère. Émue par la souffrance morale et surtout physique qu'elle éprouve jour après jour, se forçant toujours à continuer quoi qu'il arrive, se répétant comme un mantra "je n'ai pas peur" au moindre bruit. 

    Mais surtout, ce récit m'a permis de constater qu'une philosophie bouddhiste s’avère exacte: tout est déjà en nous. La souffrance, le désespoir mais aussi la volonté et le courage. Il suffit simplement de se retrouver face à certaines situations pour puiser cette force en nous et se relever encore et toujours. 

     

    Ma note: cool

     

    Et voici la BA du film que j'irai bientôt voir:

     

     


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  • La joueuse de go

    Edition: Folio

    336 pages

    Année de parution: 2009

    "Les années ont passé et je contemple avec angoisse le crépuscule de mon enfance qui se couche pour ne plus se lever."

     

    La joueuse de go est une fable à double partition. Les courts chapitres tressent puis mêlent les destins croisés du jeune soldat et de la petite joueuse de go. Phrases courtes, verbes tendus vers l'essentiel, les mots aiguisent, tels de traits de calligraphie, leur portrait. Leur culture, l'histoire de leur pays, leur enfance, leurs amours, tout les sépare, à l'exception de leur détermination face au damier carré et aux pions de bois. Le go révèle leur âmes au-delà de la ferveur impérialiste du jeune japonais et de l'enthousiasme résistant de la joueuse mandchoue. Mais l'amour sait-il se contenter de la tranquille plaine de l'âme? Peut-on laisser de côté sa nationalité alors qu'autour des joueurs la torture et la haine font rage dans la Mandchourie occupée?

     

    La joueuse de go nous plonge dans une Chine des années 30 occupée par l'armée japonaise. La violence et la révolution y règnent quotidiennement. 

    Violence sous plusieurs aspects car les femmes opprimées tentent de se libérer des traditions familiales. Se marier avec un bon parti étant leur seule issue pour sauver l'honneur de la famille. Pour les hommes, le choix se fait entre la résistance, et donc la mort, ou la collaboration. 

    Comment construire des projets de liberté parmi cette apocalypse? Comment préserver l'innocence de la jeunesse et de l'amour?

    Ce sont les questions soulevées par ce roman. 

    Dans un français parfait (le livre n'est pas traduit), Shan Sa narre son pays et les sentiments avec poésie. Une fin inattendue qui scelle une belle histoire d'amour. 

     

    Ma note: yes

     

    Et pour ceux, comme moi, qui ne savent pas à quoi ressemble un jeu de go:

    La joueuse de go

     


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